Nous prenons soin de nos yeux, de nos dents, de nos cheveux, en plus du gazon, de l’auto et de la maison. Mais nous sommes souvent moins attentifs à nos organes : cœur, poumons, foie, reins et... prostate. Pourtant, avec l’âge, la plupart d’entre nous aurons un problème de prostate, que ce soit une prostatite, une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ou un cancer.

J’avais la mi-cinquantaine, en 1996, quand mon médecin a soupçonné la présence du cancer de la prostate (CP). Les premières biopsies, négatives, ont été suivies de tests et d’autres biopsies qui ont mené au diagnostic de CP en janvier 1998. Sous le coup de ce signal d’alarme, je me suis mis à penser plus sérieusement à ma santé.

J’ai fini par choisir la chirurgie à la fin de 1999, et en mars 2000, j’ai eu une prostatectomie rétropubienne avec conservation des nerfs érectiles. Six semaines après, je me sentais presque aussi bien qu’avant l’opération ! Deux choses, je crois, ont contribué à cette réussite : mon attitude positive et ma bonne santé physique.

Quand il s’agit de décision thérapeutique, plusieurs facteurs personnels entrent en jeu : l’âge, la condition physique, l’étendue et l’agressivité du CP, l’expertise médicale disponible, les convictions concernant l’hygiène de vie, les craintes, la famille et le « portefeuille ». Les gens que l’on rencontre, les lectures, les risques que l’on accepte de prendre et ce que l’on est prêt à abandonner pèsent aussi dans le choix du traitement et le rétablissement. La plupart des médecins estiment qu’ils donnent suffisamment d’information pour que le patient arrive à une décision éclairée, malgré quoi bien des hommes disent mal comprendre la situation. Mon urologue avait recommandé la chirurgie, mais il avait ensuite mentionné d’autres avenues, comme l’attente vigilante, la radiothérapie et la curiethérapie. Reste que je suis sorti de son bureau avec deux seules idées en tête : j’avais un cancer et il proposait de m’ouvrir pour l’extirper — et je n’en savais pas assez pour accepter ou rejeter son conseil.

Trouvez votre zone de confort

Même limitée, l’information que je possédais dépassait ma capacité de compréhension, en particulier dans mon état d’esprit d’alors. Je ne savais pas quelles questions poser; j’ignorais ce que je désirais ou devais vraiment savoir. Il me manquait une perspective d’ensemble, et

j’hésitais à passer sous le bistouri sans mieux comprendre la nature et les effets secondaires de l’intervention et des autres traitements.

J’ai donc entrepris mes propres recherches, surtout pour que mon médecin ne perde pas de temps à expliquer et me rassurer. Je ne voulais pas non plus me sentir poussé à prendre une décision. Beaucoup éprouvent des sentiments semblables, tandis que d’autres ne veulent pas s’empêtrer dans les détails et ne demandent qu’à être traités selon la recommandation du spécialiste. Certains se sentent à l’aise de décider sans délai; d’autres préfèrent avoir le temps de digérer la nouvelle et d’éplucher leurs options...

Vous n’obtiendrez pas tous les renseignements désirés ou nécessaires d’une seule personne (certains livres présentent les effets secondaires de traitements moins connus). Très probablement, vous aurez le temps de chercher, lire, confirmer et assimiler l’information avant que l’heure de la décision finale sonne. Un urologue d’expérience doit d’abord vous donner un diagnostic fondé. Et solliciter une deuxième opinion ne fait pas de mal. Mais en dernier ressort, la décision vous appartient. Un conseil : ne gaspillez pas de temps à ne rien faire, car cela pourrait vous coûter un bien très précieux — la vie !

Vivez « formidablement »

Je veille sans relâche à nourrir ma spiritualité et à la transposer dans une mission personnelle : aimer la vie et vivre pleinement sous le signe du bonheur et de la santé; inspirer les autres et leur faire découvrir un meilleur style de vie; et toujours être « formidable ». Je crois aussi que le plus beau cadeau que nous puissions nous offrir est d’en apprendre davantage sur notre santé, d’adopter un mode de vie sain et d’être conscient de nos risques génétiques.