Ganglions positifs : poursuivre ou arrêter ?
Les hommes qui subissent une prostatectomie radicale (PR) en tireraient un avantage pour la survie si l’intervention est menée jusqu’au bout, peu importe l’état de leurs ganglions lymphatiques.
L’ablation chirurgicale d‘un ou de plusieurs ganglions (lymphadénectomie) est une étape standard durant la PR si le chirurgien soupçonne que le cancer s’est disséminé jusqu’aux ganglions lymphatiques — un signe que le cancer n’est plus confiné à la prostate mais qu’il se généralise. Le pathologiste examine les ganglions prélevés; s’ils sont positifs (s’ils contiennent des cellules cancéreuses), le chirurgien cesse habituellement l’intervention parce qu’on croit que la PR n’est efficace que pour un CP localisé.
Or, d’après une récente étude allemande, les chances de survie des patients qui ont des ganglions positifs sont de beaucoup meilleures si l’opération est complétée. Les chercheurs ont étudié les dossiers de 1 413 hommes présentant des ganglions positifs lors de la PR; pour 957 d’entre eux, l’intervention a été menée à terme (+PR), contrairement aux 456 autres (–PR). Le taux de survie globale s’élevait à 84 % cinq ans plus tard et à 64 % 10 ans plus tard dans le groupe +PR, contre 60 % et 28 % dans le groupe –PR. On avait trouvé quatre ganglions positifs ou plus chez 17 % des hommes du groupe +PR contre 28 % dans le groupe –PR, et malgré cette inégalité, l’intervention « achevée » s’est avérée un solide prédicteur indépendant de la survie.
Est-il toujours justifié d’interrompre la chirurgie quand on trouve des ganglions positifs ? La question est posée.