Hormonothérapie et cognition
Les résultats préliminaires d’une étude prospective de l’Université de Toronto indiquent que la suppression androgénique (SA) n’affecte en rien la plupart des habiletés intellectuelles et qu’elle pourrait même améliorer certains aspects de la fonction
cognitive.
On a examiné les changements cognitifs dans trois groupes d’hommes appariés selon l’âge (moyenne, 68,9 ans) et le niveau de scolarité (moyenne, 15,7 années) : 1, patients atteints du cancer de la prostate (CP) prêts à commencer une SA; 2, patients atteints du CP non traités par SA; et 3, « témoins » en santé. Tous ont subi des tests neuropsychologiques avant le début de la SA (données de référence), puis six mois et 12 mois plus tard.
Les scores de départ des trois groupes étaient presque partout équivalents. Ceux relatifs à l’attention et à la vitesse de traitement de l’information, aux habiletés visuo-spatiales et à la mémoire visuelle avaient peu changé en 12 mois. Mais les scores relatifs à la mémoire immédiate et de travail s’étaient nettement améliorés dans le groupe 1 par rapport au groupe 3 (hommes en santé). Les patients du groupe 1 avaient également mieux réussi les tests de langue parlée et de fonctions exécutives (rotation de cartes, noms de couleurs). Toujours après
12 mois et par rapport aux témoins, les patients du groupe 2 n’avaient amélioré leur score que pour la mémoire immédiate.
Ces résultats pourraient rassurer quelque peu les patients et les
cliniciens qui s’inquiètent des effets de la SA sur le fonctionnement intellectuel.