Vitamine E et sélénium : le verdict
Selon un nouvel essai clinique canadien (Fleshner N. et coll. J Urology 2009;181[4]: 263), le trio sélénium, vitamine E et soya — longtemps vantés comme suppléments prometteurs contre le CP — ne peut empêcher une néoplasie intra-épithéliale prostatique (NIP : possible précurseur du cancer) de progresser vers le CP. Les résultats, présentés lors du congrès de l’AUA, confirment les conclusions de l’étude SELECT (sélénium et vitamine E en prévention du cancer). L’essai avait toutefois examiné plus à fond l’effet du soya sur le CP.
Les participants, 303 hommes (âge moyen : 62 ans) qui présentaient tous une NIP confirmée par au moins une des deux biopsies subies au cours des 18 mois précédents, avaient été répartis au hasard en deux groupes. Ceux du groupe « traitement » ont pris le trio de suppléments tous les jours pendant trois ans, et cessaient de le faire si un CP envahissant se déclarait. Des biopsies de suivi étaient effectuées après six, 12, 24 et 36 mois. Un CP envahissant est apparu chez 26,4 % de ces hommes, ce qui va dans le sens des résultats de l’étude SELECT, publiés en janvier 2009 (Lippman S.M. et coll., JAMA 2009;301[1]:39-51), qui démontraient qu’il n’y a pas d’avantage à prendre du sélénium et de la vitamine E.